Rencontre avec Meg Harper de la Merce Cunningham Dance Company

Dans le cadre du programme de mars 2014, Paris – New York – Paris, les danseurs du CCN – Ballet de Lorraine répètent la pièce Sounddance de Merce Cunningham. Meg Harper, ancienne danseuse de la Merce Cunningham Dance Company, est chargée avec Thomas Caley, coordinateur de recherche au CCN, de reconstruire cette oeuvre magistrale du 20ème siècle.

Meg Harper, au CCN Ballet de Lorraine.
Tous droits réservés. (Déc 2013)

Meg Harper a dansé pendant dix ans au sein de la Merce Cunningham Dance Company qu’elle a rejoint à New-York à la fin des années 60, période phare du duo artistique Merce Cunningham / John Cage.

Elle y découvre alors la technique dite « Cunningham » : « Merce m’a très vite permis d’enseigner avec lui et cela m’a aidé à assimiler sa technique. Je n’aurais pas pu autant la perfectionner sans en pratiquer l’enseignement. » Meg Harper décrit cette technique comme très particulière, l’idée étant vraiment d’isoler certains mouvements du buste (torsion, courbe,…) sans qu’ils influent sur les autres. « Toutes les parties du corps doivent pouvoir bouger indépendamment des autres, elles sont connectées au centre, mais Merce demandait à ce qu’elles soient indépendantes. La tête peut bouger mais sans déranger le reste du corps. Je ne crois pas que cela ait déjà été exploré dans d’autres types de danse. C’est une superbe technique, animale en quelque sorte. »

Après avoir arrêté sa carrière au sein de la compagnie new-yorkaise, Meg Harper continue d’enseigner la technique Cunningham à travers le monde. A la fin des années 80, Merce Cunningham lui offre un poste permanent dans le but de reconstruire d’anciennes pièces de son répertoire. « En 1994, mon collègue Chris Komar et moi avons reconstruit cette pièce particulière Sounddance pour la compagnie. A cette époque, Thomas Caley était danseur dans la compagnie de Merce. Je ne l’ai pas vu depuis 15 ans et c’est avec une très grande joie que je le retrouve aujourd’hui à Nancy. »

Meg Harper à Nancy

« Il y a un an, Petter Jacobsson m’a appelé pour venir reconstruire Sounddance pour le Ballet de Lorraine, ce fût pour moi une belle surprise! »

Ces sept derniers mois, Meg Harper a entrepris de nouvelles recherches à partir de vidéos afin de s’imprégner au mieux de la pièce et être ainsi la plus fidèle possible à l’esprit Cunningham. Le pari semble réussi puisque la pièce a été assimilée dès la première semaine par les danseurs du CCN – Ballet de Lorraine. Meg nous confie alors : « Ils ont une énorme compréhension de la technique de Merce, c’est incroyable comme ils ont vite su s’approprier la pièce. C’est très probablement parce qu’ils ont l’habitude de travailler avec Thomas. »

C’est un peu comme après une explosion, (…) il y a une énergie presque violente.

Si Meg Harper doit décrire la pièce en quelques mots, elle répond d’un air passionné : « C’est un peu comme après une explosion, toutes les particules gravitent autour de nous, tout est en mouvement et il y a une énergie presque violente. C’est très en lien avec la nature, un peu comme l’explosion d’un volcan, il se passe beaucoup de choses… » 

En guise de conclusion, elle adresse un dernier conseil aux spectateurs : « Laissez vos yeux vous guider mais ne vous inquiétez pas de ne pas parvenir à tout voir… »

Retrouvez Sounddance ainsi que Relâche et Corps de Ballet pour le programme Paris – New York – Paris les 15, 16, 18 et 19 mars prochain à l’Opéra National de Lorraine.

  • Billetterie en ligne ici
  • Propos recueillis mercredi 18 décembre au CCN
  • Photos : Ballet de Lorraine